Les procédés d'entraînement 
 
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Avec les principes d’entraînement, nous avons établi un cadre très général susceptible de guider l’entraîneur dans ses choix. Il reste à construire les séances d’entraînement soucieuses de respecter ces principes. Pour ce faire quatre variables doivent être considérées :   
 
1. la nature du travail proposé (continu ou fractionné), 
2. la durée du travail proposé, 
3. son intensité (exprimée en % de la VO2max ou en % de la VMA), 
4. la durée de la récupération entre chaque séance (fréquence des charges), 
5. éventuellement le type de parcours (plat, vallonné, cols, mixte).  
 
Dans le cas d’un entraînement fractionné (interval-training), il faudra aussi prendre en compte cinq autres variables : 
 
6.       le nombre de répétitions
7.       le nombre de séries,  
8.       la durée de la récupération entre les répétitions, 
9.       la durée de la récupération entre les séries, 
10.       le type de récupération : passive ou active.  
  
Les trois grands métabolismes de production d’énergie permettent de différencier  : 
  
       
1. un travail en endurance aérobie qui se situe à un niveau d’intensité égal ou inférieur au seuil anaérobie (travail intermittent de plusieurs min. au seuil anaérobie ou travail continu sous ce seuil)
2. un travail en puissance aérobie qui se situe au-delà du seuil anaérobie et qui se rapproche donc de VO2max  (interval training avec des répétitions de 30 sec. à 6 min. à une vitesse égale ou proche de la VMA)
3. un travail en résistance qui sollicite essentiellement la filière anaérobie lactique (interval training avec des répétitions de 30 sec. à 2 min., à une vitesse supérieure à la VMA)
4. un travail en vitesse qui recrute prioritairement la production anaérobie alactique d’énergie (quelques secondes à 20 sec. à une vitesse égale ou proche de la vitesse maximale). 
  
Puissance et capacité :  la sollicitation des différentes voies de production d’énergie vise à fournir de l’énergie le plus vite possible et le plus longtemps possible. La capacité est la quantité totale d’énergie utilisable. La puissance est la quantité d’énergie produite dans un temps donné, c’est à dire un débit d’énergie. Au cours de l’entraînement, en jouant sur les paramètres de durée d’effort, d’intensité et de récupération, il est possible d’optimiser le rendement de chaque filière en agissant spécifiquement sur la puissance ou la capacité sans oublier toutefois que ces deux notions sont inséparables fonctionnellement.  
La capacité se développe par des exercices dont l’intensité est inférieure au maximum, mais sur des durées plus longues. Il s’agit de prolonger la durée d’intervention du processus énergétique considéré. 
La puissance se développe par des exercices d’intensité maximale afin d’améliorer le débit de chaque processus énergétique. L’effet est de stimuler l’activité enzymatique pour produire vite de l’énergie.  
  
Remarques sur la fréquence de pédalage   
 
En cyclisme, il est également possible de différencier la vitesse de pédalage. Ainsi est-il possible de distinguer, pour les formes d’entraînement une cadence en vélocité (> 120 rpm) ou en puissance (80-100 rpm), et pour certaines d’entre-elles, une cadence en force (< 60 rpm).  
  
Remarques sur l’adaptation à l’âge du pratiquant  
 
Tous ces procédés d’entraînement peuvent s’intégrer dans la planification de la préparation du cycliste minime à senior. Deux exceptions importantes toutefois :  
 
la résistance n’est réservée qu’à des coureurs matures sur le plan physiologique. Donc pas de travail essentiellement lactique jusqu’aux juniors, et à utiliser avec parcimonie chez ces derniers (en raison de l’immaturité de la filière anaérobie lactique chez les enfants). 
 
les cadences à dominante force n’apparaissent également que chez les juniors, et ce très progressivement. Chez les jeunes, le travail en vélocité doit être privilégié car toute carence dans cette qualité sera très difficilement rattrapable par la suite. 
  
Remarques sur l’ entraînement fractionné (intermittent ou interval-training) 
 
L’interval-training consiste en une ou plusieurs répétitions d’exercices alternées avec des périodes de récupération, dont l’intensité est légère ou modérée. Par cette alternance, il est possible d’augmenter la quantité de travail à une intensité élevée sans épuiser totalement le sujet. Cette forme d’entraînement permet donc d’améliorer l’efficacité de l’entraînement en développant les filières utiles de production d’énergie.  
Prenons l’exemple d’un athlète auquel on demande de courir à son maximum (100% de V02 max) le plus longtemps possible. Dans le meilleurs des cas, il pourra tenir environ 10 min. En revanche, si on lui demande d’accomplir le même exercice sur des périodes de 3 min. entrecoupées de pauses de même durée, il pourra vraisemblablement poursuivre cette activité pendant plus d’une heure. Au total, il pourra donc parcourir, à plein rendement, une distance trois fois supérieure. 
 
Pour les Allemands Reindell et Roskam (1959), la période de récupération qui suit chaque répétition courue à haute intensité est la plus déterminante pour les adaptations cardiovasculaires. En revanche, pour l’Américain Fox, c’est la période d’exercice intense qui est importante. Selon  Jürgen Weineck, l’entraînement par intervalles agit de deux façons pour amener des modifications cardiaques : dans la phase d’effort, la pression intra-cardiaque élevée provoque l’hypertrophie du muscle cardiaque, alors que durant la phase de récupération, le travail du cœur, de par son grand volume de remplissage, favorise avant tout la dilatation de ses cavités. Cette forme d’entraînement induit donc un développement harmonieux du muscle cardiaque. 
 
Attention néanmoins : des répétitions trop rapides, des récupérations insuffisantes ou des temps de travail trop longs peuvent aller à l’encontre des effets recherchés et détériorer l’état de forme du sujet (risque de surentraînement). Les efforts en capacité lactique notamment doivent être planifiés avec parcimonie : après un travail foncier, sur une période limitée (8 à 10 semaines seulement en vue d’un objectif précis), et pas plus d’une fois par semaine.  
L’entraînement fractionné exige également une alimentation privilégiant les hydrates de carbone car les efforts induits épuisent rapidement le glycogène musculaire. 
 
 
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