Centre de formation du CR4C, 2005
Les principes d’entraînement
Quelle que soit la discipline considérée, l’entraînement peut se modéliser ainsi :
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chargé d'entraînement
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TRAVAIL
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activité musculaire et cardio-pulmonaire
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SOLLICITATION
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modification de l'homéostasie
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PERTURBATION
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adaptation de l'organisme
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ADAPTATION
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amélioration des capacités fonctionnelles de l'organisme
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AMELIORATION
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Très simplement, l’entraînement est une sollicitation qui agit sur l’organisme et vient perturber son équilibre. Face à cette perturbation, la réponse de l’organisme est une adaptation, conduisant à une amélioration de la capacité de performance.
L’objectif du sportif étant d’obtenir une somme d’amélioration tout au long de sa saison, c’est la définition de la charge d’entraînement qui est l’élément central de cette progression. Pour cela, certains principes sont à respecter, principes qui devront permettre de progresser tout long de l’année et de devenir autonome dans la conduite de son entraînement.
1. Premier principe : principe de surcompensation
La surcompensation est une réaction naturelle de l’organisme qui après une déplétion plus ou moins marquée des substrats consécutive à un effort physique reconstitue ces substrats et dépasse même l’état des réserves initiales. Les capacités du sportif de fournir un travail musculaire se trouvent ainsi augmentées.
Interprétation du schéma : après un entraînement, les réserves énergétiques du cycliste se trouvent plus ou moins entamées selon la durée et l’intensité de l’effort (courbe de A à B). Le repos permet une récupération complète des réserves (B à C). Ensuite succède une courte période pendant laquelle les ressources du sportif sont supérieures à leur valeur précédant l’effort (C à D). C’est la phase de surcompensation. C’est en partie par ce principe que le sportif progresse.
2. Deuxième principe : principe d’efficacité de la charge d’entraînement ou principe de surcharge
Il faut que la charge d’entraînement dépasse un certain seuil pour provoquer une augmentation de la capacité de performance. Si la charge d’entraînement n’est pas assez importante en durée et/ou en intensité, il n’y a pas perturbation de l’organisme, donc pas d’adaptation de cet organisme. Il peut se produire alors une stagnation, voir une régression des potentialités du sportif.
Le respect de ce principe s’opère en jouant sur la fréquence, sur l’intensité, et sur la durée de l’exercice. La surcharge à imposer est fonction du niveau et des objectifs du sujet :
§ Pour se maintenir en bonne santé, il suffit de pratiquer un exercice de faible intensité, 1 heure chaque jour (marche, jardinage, vélo pour aller chercher son pain). L’intensité de représente que 2 à 3 fois le métabolisme de base : 2 à 3 MET (= énergie consommée au repos, soit l’équivalent d’une consommation d’oxygène de 3.5 ml/min/kg).
§ Pour améliorer sa condition physique, la même fréquence est souhaitable avec un niveau plus soutenu d’environ 5 à 6 MET.
§ Pour réellement progresser dans le domaine particulier d’une performance, la sollicitation doit être plus intense même si la fréquence peut tomber à 4 séances hebdomadaires (à condition que l’entraînement joue sur tous les registres développant l’aptitude aérobie).
3. Troisième principe : principe de la charge d’entraînement continue
Les charges d’entraînement doivent se succéder régulièrement afin d’induire une amélioration suivie des paramètres de la performance, jusqu'à une limite déterminée par des facteurs génétiques (= l’entraînabilité). Si les séances d’entraînement ne se succèdent pas régulièrement ou avec des intervalles trop longs, les « traces » laissées par les entraînements précédents disparaissent, sans permettre que les effets de ces entraînements s’ajoutent les uns aux autres.
Si l’intervalle entre deux charges de travail est trop long, l’organisme se désadapte, il y a désentraînement avec soit retour au niveau de départ (=stagnation), soit régression par rapport à ce niveau (voir illustration ci-dessous).
Ce principe est très important car si pour une raison ou pour une autre, l’entraînement devait être interrompu pendant une période trop longue, l’organisme se désadapte très rapidement, beaucoup plus rapidement qu’il ne s’était adapté (comme l’attestent certaines blessures, deux semaines d’inactivité peuvent annuler plusieurs semaines d’entraînements réguliers).
Ce principe de la charge d’entraînement continue est aussi appelé principe de réversibilité (Physiologie et méthodologie de l’entraînement. Véronique Billat, DeBoeck Université, Paris, Bruxelles, 1998) : les adaptations acquises sont réversibles, c-a-d qu’elles peuvent revenir à un niveau égal ou proche de leur point de départ.
A l’inverse, des entraînements intenses ne doivent pas se succéder trop souvent sous peine d’observer une diminution de la capacité de performance et un surentraînement (voir illustration ci-dessous). Il faut donc également veiller au temps de récupération qui devra être d’autant plus important que le cycliste est jeune et/ou inexpérimenté.
4. Quatrième principe : principe de la charge d’entraînement croissante
Il ne suffit pas que la charge d’entraînement soit continue, encore faut-il qu’elle soit croissante. Lorsque la charge d’entraînement reste trop longtemps au même niveau, elle perd en effet son efficacité sur l’amélioration de la performance. Tout juste permet-elle de maintenir les acquis au même niveau.
En fait, ce quatrième principe est relié au second : si l’entraînement n’évolue pas en volume et/ou en intensité, les charges ne sont plus efficaces, elles ne provoquent plus de sollicitations suffisantes, susceptibles de provoquer une perturbation de l’organisme et donc l’amélioration de ses fonctionnalités. L’organisme étant déjà adapté aux sollicitations de l’entraînement, il y a stagnation.
Attention, ces augmentations progressives des charges d’entraînement doivent se construire de façon raisonnée : si les intervalles entre les augmentations sont trop longs, la progression est ralentie ; mais si ces intervalles sont trop courts, l’organisme n’a pas le temps de s’adapter et il y a surentraînement (c-a-d fatigue et baisse des performances).
De plus la croissance des charges d’entraînement ne doit pas se poursuivre tout au long de l’année, mais jusqu'à ce que soit atteinte la forme, c-a-d jusqu’à ce que la capacité de performance se rapproche des limites individuelles du sportif. Alors, les entraînements ne doivent plus être accrus (en fréquence, volume ou intensité), sous peine de surentraînement (voir principe de périodicité de la charge d’entraînement).
5. Cinquième principe : d’abord le volume, ensuite l’intensité
L’augmentation du volume doit précéder l’augmentation de l’intensité des charges d’entraînement (surtout chez les jeunes). Concrètement, il faut d’abord accroître les distances (accumuler les kilomètres) et solliciter la capacité aérobie, avant de solliciter les autres filières, notamment la glycolyse anaérobie.
L’augmentation du volume est en effet la condition essentielle de toute autre forme d’entraînement car l’amélioration de la capacité aérobie est la base de la récupération. Et être capable de mieux récupérer donne le pouvoir d’augmenter ses charges d’entraînement, notamment de les intensifier, sans risquer le surentraînement.
6. Sixième principe : principe de la périodicité de la charge d’entraînement
Il est nécessaire de différencier des périodes dans la succession des charges d’entraînement car celles-ci ne peuvent être tout au long de l’année à la limite des capacités maximale de l’athlète, sans pour autant que soit remis en question le principe de la charge d’entraînement continue.
La forme en effet est un état de grâce limité dans le temps et renouvelable, contrairement à la condition physique qui peut être maintenue toute l’année. Dès lors, une structuration par périodes de la saison est nécessaire afin d’éviter le surentraînement (de plus, la variété est favorable à la persistance de la motivation).
Pour cette raison, la saison du cycliste est généralement découpée en quatre grandes périodes appelées macrocycles :
1 période hivernale,
2 période de préparation pré-compétitive,
3 période de compétition,
4 période de récupération.
Les périodes 2 et 3 sont elles-mêmes découpées en mésocycles, qui regroupent des microcycles (par ex. repos relatif, entretien, foncier, intensif….) autour d’un objectif particulier.
En adoptant ce type de planification, il est possible d’atteindre la forme optimale au moment opportun (lors d’une compétition importante, un championnat par exemple), de prolonger cet état de forme, ou de le provoquer plusieurs fois dans la saison.
7. Septième principe : principe de la spécificité des charges d’entraînement
L’entraînement doit être spécifique :
spécifique à l’athlète tout d’abord : son âge, son vécu (années de pratique), son niveau, ses capacités et ses manques, sa motivation, sa disponibilité (études, profession...) on parle aussi ici de principe d’individualisation ;
spécifique par rapport à ou aux qualité(s) à développer : le protocole d’entraînement doit être différent selon les paramètres bioénergétiques ou biomécaniques que l’on souhaite améliorer : seuil anaérobie, V02max., capacité ou puissance lactique, résistance à la chaleur, recherche du geste juste (technique efficiente), technique des relais, etc.
spécifique par rapport à la discipline pratiquée : cyclisme sur route, sur piste, cyclo-cross, VTT ou BMX nécessitent des entraînements particuliers et spécifiques. D’où la nécessité pour un cycliste de paramétrer ses charges de travail de façon à viser l’amélioration des paramètres bioénergétiques et technico-tactiques qui contribuent à la performance dans sa spécialité.
8. Un cas particulier : la super-surcompensation
Le principe de la super-surcompensation (voir ci-dessus) consiste à fatiguer volontairement l’organisme en accumulant les charges d’entraînement afin ensuite d’obtenir un effet encore plus bénéfique à condition que la récupération soit allongée.
Ce principe est exploité dans le microcycle intensif précédant l’objectif. Il est également à l’œuvre dans le régime dissocié scandinave.